La Bibliothèque Municipale de Lyon vous invite à découvrir, ou à redécouvrir, les conférenciers reçus dans ses murs. Des cycles de conférences libres et gratuites accueillent des auteurs de renom, des spécialistes et experts des évolutions sociétales. La Bibliothèque souhaite faire accéder à ces contenus un public plus large, et ainsi prolonger la diffusion et le partage des savoirs via le web.

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Titre : Nelly Sachs
Intervenant : Andrée Lerousseau  
Maître de conférences à l’UFR d’Études germaniques et scandinaves à l’université Charles de Gaulle Lille 3

Cycle : Ecrivains de toujours
Résumé : Nelly Sachs est née en Allemagne en 1891 dans une famille juive allemande. Elle étudie la musique et la danse. En 1921 paraît son premier livre, des légendes - sa poésie par la suite évoquera en effet un climat légendaire. Elle publie des poèmes dans des revues, mais dès 1936 uniquement dans les revues juives. Puis un fiancé déporté, la fuite in extremis avec sa mère en mai 1940, grâce à l’entremise de Selma Lagerlöf et du prince Eugène de Suède, et l’exil à Stockholm pour le reste de sa vie. Cette blessure qui l’entame pour toujours devient sa poésie même, mais aussi provoque ou attise sa fragilité psychique et les crises qui vont l’amener à de fréquents et longs séjours en hôpital psychiatrique, dès 1950, après la mort de sa mère, jusqu’à sa propre mort en mai 1970, quelques semaines après le suicide de Paul Celan. Elle est considérée, avec ce dernier, comme l’un des plus grands poètes de langue allemande de l’après-guerre. Le Prix Nobel lui ayant été décerné en 1966, son oeuvre parvient en France dès l’année suivante. Mais en fait Nelly Sachs ne commencera à être réellement connue ici que trente ans plus tard grâce au travail admirable d’un éditeur, Verdier, et d’une traductrice, Mireille Gansel.

Cette conférence est précédée d’un court hommage à Gérard Bobillier, fondateur et directeur des éditions Verdier, par Philippe Morier-Genoud, comédien, Emmanuel Venet, psychiatre, Jean-Claude Zancarini, universitaire. Comment se saisir de cette poésie d’une telle légèreté et d’une telle transparence qu’elle saisit le lecteur et le traverse sans qu’il puisse s’y appuyer, et dont la force est entièrement intérieure, détachée de tout élément décoratif ? Non pas qu’elle refuse de s’incarner dans le langage, mais parce que sa densité désincarne le langage, comme si elle portait en elle une force d’implosion, venue d’on ne sait où sinon de l’intériorité du poète. Nous tenterons de saisir cette poésie avec Andrée Lerousseau.

Durée : 1h 20mn


Date/Lieu : Le 12/03/2010 à la bibliothèque de la Part-Dieu


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