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Titre : Annette Wieviorka, une historienne dans la cité
Intervenant : Annette Wieviorka  
Historienne, spécialiste de l'histoire des juifs au XXe siècle, de la Shoah et de sa mémoire, elle est directrice de recherche au CNRS.

Cycle : Histoire et Mémoire
Résumé : Après Mai 68, Annette Wieviorka, « maître aux’ » en lettres, abandonne la littérature pour l’histoire, après avoir vu les ouvriers de Renault en grève debout sur les grilles (« J’ai revu les images du Front populaire... »). Elle choisit l’histoire du mouvement ouvrier, suit les cours de Madeleine Rebérioux à la Sorbonne, soutient une maîtrise sur « L’Humanité, la république populaire de Chine et la rupture sino-sovétique». La Chine et le maoïsme sont entrés dans sa vie. Elle part pour la Chine en septembre 1974 enseigner le français et la civilisation française à des « étudiants ouvriers paysans soldats » à Canton. Le retour, en 1976, sera un peu rude. La rupture avec l’utopie militante est complète. Retour à l’histoire et au yiddish. En effet, Wieviorka (« écureuil », en polonais) est le nom du grandpère Wolf, écrivain yiddish assassiné à Auschwitz. Par-delà la généalogie interrompue à Auschwitz, Annette Wieviorka veut retrouver un avant la destruction. En 1985, à l’occasion de recherches pour un livre sur la résistance juive communiste (Ils étaient juifs, résistants, communistes, Denoël, 1985), elle s’adresse à Annie Kriegel qui l’encourage à faire une thèse. De sa thèse Déportation et Génocide. Entre la mémoire et l’oubli, 1943-1948, publiée en 1992 jusqu’à Auschwitz, soixante ans après, paru au moment de l’apothéose mémorielle de 2005, ses recherches l’ont imposée comme la meilleure spécialiste française de la mémoire du génocide. Pionnière de son étude historique, Annette Wieviorka a travaillé depuis vingt-cinq ans à en donner les clés et la chronologie, contre toutes les fausses évidences. Elle participe entre 1997 et 2000 à la mission Mattéoli sur la spoliation des Juifs de France. Lorsque cette mission s’achève, elle prend la tête de l’association « Une Cité pour les archives », qui milite avec une obstination (couronnée de succès) pour que soient donnés aux Archives nationales en péril un bâtiment et des moyens à la hauteur de leur utilité sociale. C’est là qu’ont été déposées les archives de Maurice Thorez et de Jeannette Vermeersch…

Durée : 1h 36mn


Date/Lieu : Le 17/06/2010 à la bibliothèque de la Part-Dieu


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